Traditions, coutumes et habits traditionnels tunisiens, un savoir-faire ancestral.

J’ai toujours été fascinée par la beauté de mes grands-mères dans leurs habits traditionnels de lumière. Des tenues magnifiques qui brillent de mille feux grâce à leurs broderies le plus souvent réalisées à la main par des artisanes de la région.

A l’époque et jusqu’à aujourd’hui dans plusieurs familles tunisiennes, on organise des mariages dignes des mille et une nuits. Avant de marier une jeune fille, sa famille s’affaire à préparer son trousseau composé de literie, de linge de table et de vêtements traditionnels qu’elle portera à ses noces. Le prestige de cet habit ancien est encore tel que le trousseau d’une jeune fille peut en compter jusqu’à trente pièces.

Vient le grand jour et c’est lors d’une cérémonie de mariage appelée « Outeya » que les femmes ont l’occasion de sortir leurs plus belles tenues traditionnelles. L’occasion de rendre hommage à un patrimoine artisanal riche de faire renaître la beauté d’antan à travers des costumes d’époque revisités.

Une mariée peut porter plusieurs costumes selon les traditions de chaque région. Des tenues prestigieuses joliment accessoirisées par des bijoux anciens très souvent appartenant aux ainées de la famille. À chaque ville ses couleurs, ses motifs et ses broderies.

Les tenues traditionnelles tunisiennes sont uniques et reconnaissables, aussi belles les unes que les autres. En voici trois exemples qui ne manquent pas d’inspirer mes collections.

La Tunisoise : le costume traditionnel de Tunis

Originaire de la capitale Tunis, portera ce qu’on appelle «El Kabouss el Gharak » ou « keswa » , il s’agit en quelque sorte d’un crop top, plus exactement un corsage moulant la poitrine au large décolleté arrondi paré de courtes manches ballons qui se porte avec un grand pantalon bouffant. Bien évidemment, ce costume est cousu dans un noble satin de soie brodé de paillette et de fil d’argent.

La Mahdoise : l’habit traditionnel de la Mahdia

Source : Mohamed Hamdane

Originaire de la Mahdia, elle s’habillera d’une «Qmejja tawali wu farmla ghuli ». Oh Dieu, quelle beauté ! Il s’agit d’une longue tunique blanche en percale, ornée de larges rubans de soie de couleurs et d’un plastron noir brodé, dit « triza kahla » au milieu du devant. Les rubans et les lignes de broderies noires descendent depuis le plastron et jusqu’au bas de la tunique. Une touche d’originalité distingue tout particulièrement la tenue de la Mehdia, il s’agit de ses pompons de soie couleurs verte, rouge et orange qui décorent les manches, le plastron et l’ourlet de la tunique. Un gilet dit «farmla» entièrement brodé en cannetille (fil d’or) et en paillettes dorées vient compléter ce vêtement pour une allure prestigieuse.

D’ailleurs la farmla m’a inspiré pour la création de mes bandeaux Shahra

La Hammamatoise : l’habit traditionnel de Hammamet

Source : Zaher Kammoun

Originaire de Hammamet, elle portera la « Jebba Askri », une robe bi colore noire et rouge. Dans les coutumes d’Hammamet, les jeunes mariées mettent cette jolie robe le deuxième jour de leurs noces pour leur porter bonheur et prospérité. La Jebba est composée de deux tissus en laine fine peinte en rouge et en noir sans couture qui s’attache à l’aide d’une « futa hrir » un foulard de soie rouge et or à la taille. Ce vêtement se distingue par son fameux décolleté en forme d’un cœur tressé de fils dorés et turquoise. Elle se porte au dessus d’une tunique blanche aux manches longues et vaporeuses.

A mes yeux, la valeur des habits d’époque est inestimable. Derrière toute cette beauté se cache des heures et des heures de travail de petites mains minutieuses. Un savoir-faire d’artisanes, que je qualifierais d’artiste maitrisant l’art de la broderie en cannetille, fil d’or ou d’argent.

Passionnément, Nadia Andolsi